Exhibitions

Group show: Prix de la Création 2021 / Musée de la Boverie, Liège / 26.08.22 – 04.09.22

Solo shows: Brussels Drawing Week / Eeckman Art & Insurance, 167 B5 Rue Marconi, B1190 Brussels / 03 – 09.10.22

Art on Paper – Eeckman Art Price / Espace Vandenborgh, 50 rue de l’écuyer, B-100 Brussels / 06-09.10.22

commitment

démarche artistique

La source iconographique des œuvres de Sarah Minutillo se nourrit d’un répertoire de documents photographiques varié qu’elle sélectionne au sein de différents univers privés ou publics. Diplômée des Beaux-Arts de Liège en 2018, elle réinterprète les images, en décompose les éléments qui participent à leur réalité et reproduit un visage, une posture ou une texture, qu’elle choisit pour leur portée plastique, sémantique ou esthétique. L’ambivalente capacité du « beau » et de la représentation à évoquer la mort, la violence ou le non-dit l’interpelle : « J’utilise l’image comme résistance psychique face au terrible […] un mot qui porte sur la douleur, sur l’indicible. »[1]

Exhumées du passé, évoquant un instant déjà tombé dans l’oubli, Sarah Minutillo donne aux images une deuxième vie. Par un geste technique et minutieux de la main, elle nous transmet le sujet ‘digéré’ de son étude, en exacerbant le réalisme de certains détails ou, au contraire, en dissipant le sujet parfois jusqu’à l’effacement. Les figures capturées par l’artiste apparaissent comme des allégories troublantes, où s’enchevêtrent des sentiments familiers et extraordinaires, rassurants et inquiétants à la fois. Dans une palette réduite, les œuvres à la facture hyperréaliste, portent des titres descriptifs ne cherchant pas à construire de nouveaux récits. Sur un fond neutre, les figures s’émancipent de leur contexte, elles redeviennent image formant une constellation de moments assemblés, une totalité plutôt qu’un ensemble de fragments, englobant simultanément différentes temporalités. L’œuvre nous plonge au cœur d’une expérimentation sensible interrogeant autant la portée sémantique et l’impact des images qui nous entoure que notre capacité à exprimer la fragilité de l’existence humaine.  

Sophie Delhasse, Juin 2022


[1] Sarah Minutillo, 2022.


Fleurs 3, 2020 Graphite sur papier, 135 x 175 mm
FR – Démarche

Mon travail porte un regard sur le monde qui m’entoure.
Je m’inspire de documents photographiques pour élaborer mes dessins et mes peintures.
Mes préoccupations artistiques interrogent le tissu complexe des relations qu’entretiennent les images entre elles et la façon de les aborder.
J’utilise l’image comme résistance psychique face au terrible. Face à l’inimaginable, exister malgré tout, témoigner. Inimaginable, un mot qui porte sur la douleur, sur l’indicible. Je tente d’éviter les effets de fétichisme, de voyeurisme et de jouissance par l’horreur.
Actuellement, mes recherches sont généralement focalisées sur l’image de l’être humain, de l’enfance, des visages en particulier.
Les images peuvent se présenter dans différents registres : éthique, émotionnel et esthétique ; une multitude de strates où peuvent aussi se côtoyer l’ordinaire et l’extraordinaire. Je les traite en fonction du sujet et de la lumière.
Mon travail est un mixte d’images privées et publiques. Si les photographies utilisées sont parfois celles
d’un moment passé, les sujets et idées qu’elles convoquent sont actuels et permettent toujours un témoignage contemporain.
Dans une pratique mêlant le dessin, la peinture et l’installation, la décontextualisation et l’effacement des images sont des ressorts esthétiques et sémantiques. Je m’applique à la désidentification légère du sujet de l’image par le travail du flou au crayon graphite.
Animée par un sens du détail et de la construction formelle, j’adore recourir à des techniques très diverses. En transposant un sujet d’un médium à un autre, tout en gardant la trace consciente de ce transfert, je bénéficie de nouvelles possibilités. 

EN – Commitment

My main artistic concerns lead me to question the complex web of relationships between images and how we approach them. Images can present themselves to us in different registers: the moral, emotional, aesthetic register; a multitude of layers where the ordinary and the extraordinary can come together. My work is a constant back and forth between the private sphere and the public sphere and while the photographs used are sometimes those of an era, the subjects and ideas they call forth are current. My collection of personal images sometimes invites the anecdote, but one image can recall another, appealing to the viewer in his own repertoire, his own imagery. In a practice combining drawing, painting and installation, the decontextualization and erasure of images are the driving forces important in my work. I start with readable images loaded with meaning to appropriate them through painting and drawing. By transposing a medium and its given context into another medium, while keeping the conscious trace of this transfer, I benefit from its new possibilities. I associate the know-how, the authenticity, the possible fragility of an installation; different mediums, different formats. I unveil the images, confront them as I choose them, instinctively, according to the subject, the date, the space.